Airvault : la CGT sonne l’alarme face à des conditions de travail “insoutenables” à la cimenterie Calcia

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La colère grondait depuis des mois : elle s’est exprimée ce lundi 14 septembre 2026 à travers une grève de 24 heures, non reconductible mais hautement symbolique, à la cimenterie Calcia d’Airvault (Deux-Sèvres). Pour la CGT, premier syndicat du site, cette journée marque un tournant : celui où les salariés ont décidé de dire collectivement “ça suffit”.

Une usine neuve… mais des salariés épuisés

La nouvelle cimenterie, inaugurée après un chantier colossal de 350 millions d’euros, devait améliorer les conditions de travail. La réalité est tout autre.

« C’est beau, c’est neuf, mais c’est encore loin d’être bien réglé », résume Bertrand Moreau, délégué syndical CGT. Les salariés dénoncent :

  • des températures de travail atteignant 50 à 60°C,
  • des interventions pénibles et dangereuses, notamment dans le four ou la tour à cyclone,
  • des arrêts de four quasi quotidiens,
  • des sous-effectifs chroniques,
  • des plannings instables,
  • un manque de reconnaissance malgré les efforts fournis.

« Tout le monde est à bout depuis le lancement de la nouvelle usine », confie le syndicaliste.

Des effectifs en chute libre

Le secteur de la fabrication illustre parfaitement la situation : entre avril et juin, les équipes comptaient jusqu’à 12 salariés. Elles ne sont plus que 5 par équipe aujourd’hui.

La CGT a obtenu le recrutement de six intérimaires, mais cela reste très insuffisant. « On est loin du compte », insiste Bertrand Moreau.

Des tâches dangereuses, des primes dérisoires

Le nettoyage de la tour à cyclone est emblématique du malaise : une intervention pénible, risquée, réalisée dans des conditions extrêmes… pour une prime à peine supérieure à 1 € de l’heure.

À Beaucaire, site du même groupe, cette intervention est rémunérée 60 € forfaitaires.

« C’est dommage d’avoir une usine neuve mais pas tout le matériel en face », déplore la CGT, rappelant que des systèmes automatisés existent mais n’ont pas été installés.

Un climat de défiance

Les salariés dénoncent également des contrôles d’alcoolémie inopinés à l’entrée du site, pratiques illégales qui instaurent un climat de suspicion.

« Beaucoup de choses n’ont pas été pensées pour l’humain », résume la CGT. Les salariés ont tenu l’usine, mais au prix d’une fatigue extrême.

Une mobilisation limitée mais un message clair

Environ 30 salariés sur 140 ont cessé le travail. La CGT reconnaît une mobilisation en deçà des attentes, mais insiste : l’objectif n’était pas de bloquer l’usine, mais de faire entendre un message fort.

Le tract syndical le dit sans détour :

“Le temps des constats et des promesses a assez duré.” “Un salarié isolé peut être ignoré. Des salariés solidaires doivent être entendus.”

La grève est non reconductible, car la CGT ne souhaite pas engager un conflit économique prolongé. Mais elle veut alerter, rappeler l’urgence, obliger la direction à agir.

La direction minimise, la CGT dénonce

La direction regrette un mouvement « isolé et minoritaire » et affirme que la nouvelle usine est « une chance pour tous les salariés ». Elle assure que les discussions sont « constructives ».

Pour la CGT, ces déclarations ne correspondent pas à la réalité du terrain.

« La direction n’a pas arrêté de botter en touche en disant que tout allait s’améliorer avec la nouvelle usine. On voit bien que ce n’est pas le cas. »

Le syndicat rappelle également que le groupe Heidelberg Materials verse des dividendes considérables à ses actionnaires, alors que les salariés d’Airvault travaillent dans des conditions dégradées.

Les revendications CGT : claires et structurées

La CGT exige :

  • des effectifs suffisants et pérennes,
  • des conditions de travail réellement protectrices,
  • la reconnaissance de la pénibilité,
  • une négociation sur l’article 13, notamment sur les indemnisations,
  • un dialogue social qui débouche sur des décisions concrètes,
  • l’arrêt des décisions imposées sans concertation.

“Ça fait trop longtemps que ça dure”

La journée du 14 septembre n’est peut-être qu’une étape. Le malaise est profond, les salariés sont épuisés, et la CGT prévient : si la direction ne prend pas la mesure de la situation, d’autres actions pourraient suivre.

Pour l’heure, le message est clair : les salariés d’Airvault refusent de rester invisibles dans une usine flambant neuve mais pensée sans eux.

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