300 personnes mobilisées contre le « permis de tuer » à Niort

Un rassemblement citoyen et syndical pour défendre l’État de droit

Ce dimanche 20 septembre 2026, près de 300 personnes se sont réunies au pied du Donjon de Niort pour dénoncer la proposition de loi instaurant une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre. Une mesure que beaucoup qualifient de « permis de tuer », tant elle remettrait en cause les principes fondamentaux de l’État de droit.

« Ce texte soulève inquiétudes et oppositions de la part de citoyens qui y voient l’instauration d’un “permis de tuer” pour gendarmes et policiers. »

Une mobilisation large et déterminée

La mobilisation, relayée dans les Deux-Sèvres par l’association Pour Gabriel Bée, a rassemblé une diversité d’organisations : CGT, LDH, Amnesty International, LFI, PCF, Écologistes, Bassines Non Merci, POI… Toutes ont exprimé une même conviction : cette loi est une rupture dangereuse.

« L’État de droit recule. Ce projet de loi marque une véritable rupture. »

La présence de la famille de Gabriel Bée, tué par un gendarme en mai 2025, a donné une dimension profondément humaine et douloureuse à ce rassemblement. Sa mère, avec une dignité remarquable, a rappelé l’essentiel : la peur grandit lorsque l’impunité s’installe.

« Comment ne pas avoir peur pour nos enfants, nos petits-enfants, pour nos jeunes ? »

Un message clair : refuser la dérive sécuritaire

Les prises de parole ont dénoncé une loi qui inverserait la logique même de la légitime défense, ouvrant la voie à une impunité policière incompatible avec les principes républicains. Pour les organisations syndicales et associatives présentes, cette loi s’inscrit dans une dérive politique inquiétante :

« Nous sommes entrés dans la logique du RN, dans la logique de la haine de l’autre. »

La CGT, aux côtés des autres organisations, a rappelé que la sécurité ne peut jamais justifier l’abandon des libertés publiques. La violence d’État ne peut être normalisée, encore moins légitimée par avance.

Un acte symbolique fort : le “lie-in”

Pour clôturer la mobilisation, les participants ont réalisé un lie-in, s’allongeant au sol pour représenter les victimes de violences policières et de l’État. Un geste silencieux, mais d’une puissance politique incontestable.

« Des participants ont réalisé un “lie-in”, s’allongeant au sol pour représenter les victimes de la violence de l’État. »

Ce que nous défendons : la paix, la justice, les libertés

Face à une loi qui menace les droits fondamentaux, les organisations présentes ont réaffirmé leur engagement pour une société fondée sur :
– la paix,
– les libertés publiques,
– la justice sociale,
– la transparence et la vérité,
– le respect de la vie humaine.

« Ce que nous voulons au contraire, c’est une société de paix, de libertés, de justice sociale. »

La mobilisation continue

La loi dite « permis de tuer » doit être prochainement examinée par le Sénat. Les organisations syndicales, dont la CGT, appellent à poursuivre et amplifier la mobilisation, pour empêcher l’adoption d’un texte qui mettrait en péril les principes républicains et la sécurité de toutes et tous.