Palestine : une inaction meurtrière

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Le « cessez-le-feu » n’a rien réglé

Depuis trois ans, 73 000 Palestinien·nes ont été tué·es par l’armée israélienne à Gaza, dont 83 % de civil·es. Depuis l’annonce du « cessez-le-feu », quatre Palestinien·nes – dont un·e enfant – ont été tué·es chaque jour.

Les conditions de vie sont de plus en plus insupportables. Alors que 95 % des hôpitaux gazaouis ont été détruits ou endommagés, 46 000 personnes vivent avec de graves blessures liées au conflit. ONG et journalistes sont interdit·es d’entrée dans le territoire, voire directement ciblé·es par les frappes israéliennes – au même titre que les camps de déplacé·es.

La Cisjordanie connaît, depuis octobre 2025, une poussée de violences d’une intensité inédite, organisée et assumée par l’ensemble de la coalition au pouvoir. La colonisation se poursuit, appuyée par le gouvernement israélien, et 390 Palestinien·nes ont été tué·es en moyenne chaque année depuis le 7 octobre 2023 (contre 124 pendant la première Intifada, entre 1987 et 1993).

Démolitions de maisons, expulsions forcées et violences terroristes commises par des colons israéliens se poursuivent à Jérusalem-Est, comme la stratégie d’endoctrinement israélienne : alors que 70 enseignant·es et membres du personnel éducatif originaires de Cisjordanie se sont vu·es refuser l’entrée à Jérusalem-Est par les forces d’occupation, 45 000 élèves de la ville vont commencer à suivre le programme de l’État génocidaire.

Une situation économique alarmante

Un récent rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT) dresse un bilan terrible sur la situation économique palestinienne :

  • à Gaza, l’économie reste 82 % inférieure à son niveau d’avant-guerre. Le taux de chômage atteint 85,1 %, la population dépend essentiellement de l’aide humanitaire. Les lieux de travail sont largement détruits : 71 milliards de dollars sont nécessaires pour reconstruire les infrastructures, restaurer les services publics et soutenir l’emploi ;
  • en Cisjordanie, les restrictions de circulation, les opérations militaires et l’expansion des colonies limitent fortement l’accès aux emplois et aux revenus : le taux de chômage est plus de deux fois supérieur à son niveau d’avant-guerre ;
  • avant octobre 2023, près de 200 000 Palestinien·nes travaillaient en Israël ou dans les colonies ; elles et ils ne sont plus que 44 000, dont beaucoup restent exposé·es à des pratiques abusives liées aux permis de travail.

La rétention par Israël des recettes fiscales et douanières palestiniennes (deux tiers des recette publiques) compromettent le financement des services publics et de la protection sociale. Le PIB global palestinien est environ 20 % inférieur à son niveau d’avant-guerre.

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Un nettoyage ethnique assumé par le gouvernement israélien

La volonté génocidaire est clairement exprimée par le gouvernement israélien :

  • le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a confirmé l’intention d’Israël de s’approprier plus de 70 % du territoire occupé de Gaza, confinant indéfiniment sa population palestinienne et la privant des moyens indispensables à sa survie ;
  • le ministre de la Défense, Israel Katz, a assuré que son gouvernement était « organisé, et prêt à faire sortir par la mer, par les airs, par toutes les voies possibles » la population de Gaza, à condition d’une autorisation des États-Unis ;
  • le ministre de la Sécurité intérieure, Itamar Ben-Gvir, a présenté une proposition pour vider la bande de Gaza de sa population palestinienne, déportée à l’étranger, et a octroyé 250 000 permis de port d’arme et 10 000 fusils d’assaut aux colons en Cisjordanie.

L’inaction des États est criminelle

Les États ont l’obligation de respecter et de faire respecter le droit international et les droits humains. Dans un contexte d’occupation et de colonisation, cela signifie obliger la puissance occupante à se conformer aux résolutions et traités internationaux afin de protéger les populations civiles.

Malheureusement, les réponses restent trop souvent déclaratives. On se souviendra ainsi que la France a autorisé le survol de son territoire par l’avion du Premier ministre israélien, alors sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la Cour pénale internationale en 2024.

En refusant, depuis des décennies, de prendre la moindre sanction contre Israël, voire en l’appuyant activement, les gouvernements occidentaux ont contribué à installer un sentiment d’impunité chez les dirigeant·es israélien·nes, renforcé par une stratégie systématique visant à disqualifier toute critique au nom d’une prétendue lutte contre l’antisémitisme.

Cette impunité, qui profite à l’entreprise coloniale d’Israël et diffuse un sentiment légitime de système international partial, constitue un véritable permis de tuer chez les dirigeant·es israélien·nes et les colons sur le terrain, qui savent que très peu de plaintes sont suivies de poursuites. Les Palestinien·nes en paient le prix fort, et les perspectives d’une paix juste et durable sont compromises. Si rien n’est fait, la mainmise d’Israël sur la Palestine sera totale – un mauvais signal pour le Sud-Liban et une partie de la Syrie.

Un an après la reconnaissance de l’État palestinien, la politique de la France est illisible, et la volonté d’apaiser les relations avec Israël brouille son message et déçoit les défenseur·es de la cause palestinienne.

Actionner tous les leviers possibles pour mettre fin à l’impunité

Solidaire du peuple palestinien depuis des décennies, la CGT mène toutes les actions possibles pour stopper cette machine infernale :

  • elle mène des actions de solidarité (collecte UNRWA, participation aux flotilles…) ;
  • elle mène des actions de sensibilisation et d’interpellation des décideurs politiques et économiques, pouvant aller de l’exercice du droit de vigilance auprès de grandes entreprises dont on soupçonnerait des activités illicites aux manifestations qui se sont multipliées depuis le début du génocide ;
  • elle demande le soutien de la proposition de loi transpartisane qui doit être présentée à l’automne et vise à interdire les produits des colonies, mais couvre aussi les services (banques et assurances) et la publicité. Elle a proposé une déclaration en intersyndicale, signée par plusieurs organisations, en soutien à cette proposition de loi, et effectuera un travail de pression au moment des débats ;
  • la CGT est engagée depuis de très nombreuses années sur le désinvestissement des entreprises françaises dans les territoires occupés, en utilisant toutes ses forces et atouts (comme sa présence dans les entreprises concernées) pour l’obtenir ;
  • elle agit, aux niveaux national et international, pour la mise en œuvre de véritables sanctions politiques et économiques, par exemple la suspension de l’Accord d’association UE-Israël ;
  • certaines de ses organisations ont choisi d’adhérer à la campagne internationale BDS (boycott, désinvestissement, sanctions) lancée en 2005 par la société civile palestinienne ;
  • aux côtés d’autres organisations, elle dénonce la livraison d’armes à Israël et fait pression sur les décideurs pour obtenir un embargo.

Pour la CGT, toutes les actions, dès lors qu’elles sont reliées aux faits sur le terrain et au respect du droit international, doivent être poursuivies tant qu’une paix juste et durable n’existera pas.

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