Forte mobilisation
C’est le deuxième plan de licenciement en six ans, après un premier faisant suite à la crise du Covid-19. Ce mardi 22 septembre, à l’appel de la Fédération CGT du commerce et des services, plus de 400 personnes étaient rassemblées à Issy-les-Moulineaux (92), devant le siège de Sodexo, pour protester contre la destruction de 1 097 emplois. Parmi elles, des salarié·es de l’entreprise – dont des représentant·es du syndicat Sud-Solidaires et du syndicat LGBL de Sodexo Luxembourg – mais également la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, et des personnalités politiques des forces progressistes.
« Ce n’est pas un plan social mais un licenciement boursier »
Gilles Sevilla, délégué syndical central CGT de Sodexo, a rappelé quelques chiffres : en 2025, le groupe a réalisé plus de 24,1 milliards d’euros de chiffres d’affaires, et un résultat net après impôt de 785 millions d’euros, dont la moitié est reversée à ses actionnaires sous formes de dividendes.
C’est beaucoup… mais pas assez aux yeux de Thierry Delaporte, PDG de Sodexo, qui justifie son plan de licenciement par « l’ambition d’atteindre une croissance interne du chiffre d’affaires supérieure à + 5 % et une marge d’exploitation supérieure à 5 % d’ici l’exercice 2030 ».
Détruire des emplois alors que l’entreprise engrange de juteux bénéfices : cette aberration est possible grâce aux ordonnances « travail », l’un des premiers cadeaux du président Emmanuel Macron aux grands groupes et aux ultra-riches – qui deviendront la signature de ses quinquennats. L’entreprise n’a plus besoin de perdre d’argent pour licencier, il lui suffit de faire valoir la concurrence…
« Il n’y a aucune fatalité à ce plan de licenciement »
Après avoir assuré aux salarié·es de Sodexo le soutien de toute la CGT, Sophie Binet a rappelé un point essentiel : « Si la discussion s’ouvre avec la direction sur le montant du chèque, ça veut dire qu’on a déjà perdu. » Gagner l’annulation du plan de licenciement nécessite :
- de maintenir la mobilisation ;
- de refuser de rentrer dans la discussion sur la prime de licenciement, et donc empêcher un accord avec les organisations syndicales – ce qui implique une unité syndicale la plus large possible, pour qu’une majorité d’organisations refusent de signer le plan ;
- interpeller l’inspection du travail, pour qu’elle n’homologue pas ce plan qui n’a aucune justification économique.
Cette méthode a déjà porté ses fruits : la CGT a arraché l’annulation d’un plan de licenciement prévoyant 2 389 suppressions de postes à Auchan devant la cour d’appel de Douai le 7 janvier dernier. L’intervention du délégué syndical central CGT d’Auchan, Mouhsine Amrani, a d’ailleurs été chaleureusement accueillie lors du rassemblement.
Sophie Binet a également rappelé que la mobilisation doit aussi se jouer sur le plan politique : « Beaucoup de représentant·es politiques sont déjà venu·es ce matin – c’est une première étape. Il faut continuer l’interpellation, qu’à l’Assemblée nationale tout le monde ne parle que de vous, que le ministre du Travail, le ministre de l’Industrie, le ministre du Commerce ne puissent sortir nulle part sans entendre parler de plan de licenciement de Sodexo. »
« Toutes et tous ensemble jusqu’à la gagne »
La secrétaire générale de la CGT a souligné l’importance de solliciter les entreprises clientes de Sodexo pour qu’elles interpellent la direction, et la nécessité d’une lutte menée à l’échelle internationale : « Sodexo étant une multinationale, la mobilisation doit être mondiale. »
Gilles Sevilla l’affirme : « Aujourd’hui ce n’est qu’une première étape. Que Sodexo – et je sais qu’ils nous écoutent – prenne conscience qu’on ne va pas s’arrêter là. » Les salarié·es prévoient de nouvelles actions dans les semaines qui vont suivre. « On va taper là où ça fait mal – on va taper au porte-monnaie. »