La COP 17 se tient dans un contexte d’accélération de la destruction du vivant
Artificialisation des sols, déforestation, pollutions chimiques, surexploitation des ressources naturelles, dégradation des milieux aquatiques et marins, effondrement des populations d’espèces… Nombreuses sont les pressions exercées sur les écosystèmes. Au-delà des équilibres écologiques, elles menacent toutes les activités qui dépendent directement ou indirectement des écosystèmes, et in fine la santé et les conditions de travail de millions de personnes.
C’est dans ce contexte d’accélération de la destruction du vivant que se tient la COP 17 de la Convention des Nations unies sur la diversité biologique, du 17 au 30 octobre à Erevan.
Pour la CGT, la préservation de la biodiversité doit aller de pair avec la défense des emplois, l’amélioration des conditions de travail, la réduction des inégalités et le développement des services publics.
Son ambition est claire : faire de la préservation du vivant un levier de transformation de notre modèle économique, de progrès social et de développement des droits, afin de construire un avenir durable pour les travailleur·ses, les populations et les générations futures.
Les 8 priorités revendicatives de la CGT pour la COP 17
- Faire de la transition juste un principe transversal de la mise en œuvre du Cadre mondial de la biodiversité. Les politiques de préservation et de restauration de la nature doivent intégrer systématiquement leurs conséquences sur l’emploi, les conditions de travail, les qualifications et les territoires ;
- Reconnaître pleinement la place des travailleurs et des organisations syndicales dans la gouvernance des politiques de biodiversité. Les organisations syndicales doivent être associées à la conception, à la mise en œuvre et à l’évaluation des stratégies nationales et internationales ;
- Garantir des financements publics suffisants, accessibles et démocratiquement contrôlés. Les financements doivent soutenir les services publics, la restauration des écosystèmes, les activités durables et la création d’emplois de qualité, sans renforcer l’endettement des pays bénéficiaires ni favoriser la marchandisation du vivant ;
- Engager la transformation du modèle productif. La lutte contre la destruction de la biodiversité doit s’accompagner d’une planification écologique et industrielle, de normes contraignantes, de la conditionnalité des aides à des critères sociaux et environnementaux et du développement de productions respectueuses des écosystèmes ;
- Garantir les droits sociaux et professionnels dans toutes les transformations économiques. La formation, la reconversion, la négociation collective, la protection sociale et les garanties d’emploi et de rémunération doivent constituer des éléments centraux des politiques de transition ;
- Défendre les droits des peuples autochtones, des communautés locales et des travailleur·ses. Les politiques de conservation doivent respecter les droits humain·es, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, garantir la participation des populations concernées et lutter contre les inégalités environnementales ;
- Renforcer les obligations des entreprises et les mécanismes internationaux de contrôle. Les engagements volontaires ne suffisent pas. Il faut des règles effectives, des obligations de transparence, des mécanismes de vigilance et des moyens de contrôle adaptés aux enjeux ;
- Faire de la première évaluation mondiale du Cadre de Kunming-Montréal un levier d’accélération de l’action. Le bilan doit permettre d’identifier les retards de mise en œuvre, les insuffisances de financement et les obstacles économiques et sociaux, afin de renforcer les politiques publiques et les moyens nécessaires à l’atteinte des objectifs fixés pour 2030.
7 axes pour une transition juste
La CGT défend un véritable socle de revendications visant à faire de la transition juste un cadre structurant des politiques environnementales, en associant les travailleur·ses et leurs organisations syndicales aux décisions, en anticipant les conséquences sur l’emploi et en garantissant des droits sociaux effectifs.
- Faire de la transition juste un principe structurant des politiques de biodiversité
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- reconnaître le rôle des travailleur·ses dans la préservation et la restauration de la biodiversité, ainsi que leur expertise sur les processus de production, les risques environnementaux et les transformations nécessaires ;
- intégrer systématiquement les enjeux d’emploi et de travail dans les stratégies nationales de biodiversité, les plans de restauration des écosystèmes et les politiques de réduction des pressions exercées sur la nature ;
- mettre en place de véritables dispositifs de transition juste, comprenant le dialogue social, la négociation collective, la formation professionnelle, la reconversion, la protection sociale et des garanties pour les salarié·es dont les activités sont transformées ;
- anticiper les conséquences économiques et sociales des politiques de biodiversité, au moyen d’évaluations préalables et de dispositifs de suivi associant les organisations syndicales ;
- créer des emplois durables et de qualité dans la restauration des milieux naturels, la gestion des forêts, l’agroécologie, la protection de l’eau, la prévention des pollutions, la gestion des déchets et les services publics environnementaux ;
- diversifier économiquement les territoires concernés, afin que la transformation des activité ne se traduise ni par leur abandon ni par une dégradation des conditions de vie des populations.
- Transformer le modèle productif : sortir de la logique de marchandisation du vivant
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- mettre en place une planification écologique et industrielle démocratique, permettant d’identifier les besoins, d’organiser les transformations productives et d’assurer la cohérence entre les politiques industrielles, agricoles, énergétiques, commerciales, d’aménagement du territoire et de protection de la biodiversité ;
- conditionner les aides publiques aux entreprises à des critères sociaux et environnementaux contraignants ;
- transformer les modes de production, afin d’économiser les ressources naturelles, de supprimer les pollutions et de réduire les effets sur les écosystèmes, tout en développant des productions durables répondant aux besoins de la population ;
- renforcer les normes environnementales ;
- développer les services publics et les capacités de contrôle public, notamment dans le domaine de l’eau, de l’assainissement, des déchets, de la protection des milieux naturels, de la santé environnementale et de la connaissance scientifique ;
- lutter contre les stratégies de communication de verdissement de façade des entreprises.
- Garantir la participation des travailleur·ses et des organisations syndicales aux décisions
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Renforcer les droits d’intervention des travailleur·ses et de leurs représentant·es dans les choix économiques et environnementaux des entreprises, afin de peser réellement sur les décisions qui déterminent leur avenir professionnel et celui des territoires.
- Financer la préservation et la restauration de la biodiversité à la hauteur
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- donner une place centrale aux financement publics, qui sont pérennes, prévisibles et accessibles, dans la mise en œuvre des politiques de préservation et de restauration des écosystèmes ;
- mettre en place une contribution renforcée des pays disposant des capacités financières les plus importantes, dans le respect des capacité et des capacités différenciées des États ;
- donner la priorité aux subventions et aux financements publics de long terme, plutôt qu’à des prêts qui aggravent l’endettement des pays bénéficiaires, avec des garanties de contrôle démocratique sur l’utilisation des fonds (participation des travailleur·ses, des organisations syndicales et de la société civile.
- Développer l’emploi de qualité dans les secteurs nécessaires à la préservation du vivant
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- développer des emplois de qualité avec des politiques ambitieuses de formation et de reconversion élaborées avec les représentant·es des travailleur·ses, assorties de garanties en matière de rémunération, de reconnaissance des qualifications et de parcours professionnel ;
- renforcer les services publics et les organismes chargés de la connaissance, de la surveillance et de la protection des écosystèmes ;
- mieux protéger les travailleur·ses des conséquences des dégradations environnementales sur leur santé et leurs conditions de travail.
- Défendre les droits des peuples autochtones, des communautés locales et des travailleur·ses
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La CGT défend une approche de la protection du vivant fondée sur les droits, la justice sociale et la coopération internationale.
La protection de la biodiversité ne peut être légitime si elle se fait au détriment des populations les plus vulnérables. Elle doit au contraire contribuer à améliorer les conditions de vie des peuples autochtones, communautés locales et travailleur·ses, à garantir leurs droits et à renforcer leur capacité à décider de leur avenir.
- Renforcer la coopération internationale et la responsabilité des entreprises
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- renforcer les obligation de prévention des atteintes à l’environnement et les mécanismes de responsabilité des entreprises ;
- mettre en œuvre la transparence des engagements environnementaux des entreprises, accompagnée d’indicateurs vérifiables et de mécanismes de contrôle ;
- mettre en place une coopération scientifique, technique et financière entre les pays, avec une attention particulière aux besoins des pays disposant des capacités d’action plus limitées ;
- permettre le renforcement de la participation de la société civile et des organisations syndicales aux processus internationaux de décision et de suivi.
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