46 branches supplémentaires sous le SMIC en six mois !
C’est ce que révèle le dernier état des lieux des négociations salariales dans les branches professionnelles. Désormais, plus de 9 millions de travailleur·ses dépendent de branches dont le premier minimum conventionnel est inférieur au Smic, contre 6 millions lors du précédent état des lieux publié en avril dernier par la CGT. Bureaux d’études, services automobiles, commerce de gros, retauration rapide, hôpitaux privés… Les secteurs concernés sont nombreux.
Malgré la hausse du Smic au 1er juin 2026, les organisations patronales tardent à revaloriser les grilles salariales. Et les conséquences ne se limitent pas aux premiers niveaux de rémunération.
« Quand le Smic augmente mais que les autres salaires ne suivent pas, les grilles se tassent, les écarts entre les coefficients se réduisent et les qualifications sont de moins en moins reconnues. »
Quand les qualifications ne font plus la différence
Quand plusieurs niveaux de qualification sont rattrapés par le Smic, les écarts de rémunération se réduisent. Résultat, l’expérience, les compétences et les responsabilités supplémentaires ne se traduisent plus nécessairement par une progression du salaire minimum prévu dans la grille.
Si les employeurs sont tenus de respecter le Smic, cela ne les oblige pas à revaloriser l’ensemble des grilles salariales. Résultat, les premiers niveaux de rémunération sont progressivement rattrapés par le minimum légal, sans que les autres salaires augmentent
pour autant.
Le problème n’est pas nouveau.
En 2021 déjà, la CGT alertait sur les minima de branche inférieurs au Smic. Loin de se résorber, le phénomène s’aggrave, conséquence du refus du patronat de revaloriser les grilles salariales, malgré l’urgence sociale et la hausse du coût de
la vie.
Et dans votre entreprise, où en est-on ?
Le blocage des négociations dans les branches ne dédouane pas les employeurs de leurs responsabilités dans les entreprises. Car au-delà du montant des salaires, c’est aussi la reconnaissance des qualifications, des savoir-faire et de l’expérience professionnelle qui est en jeu.
Les échanges avec les collègues permettent de mettre en évidence les conséquences du tassement des salaires et de construire des revendications collectives. Pour les syndicats, l’enjeu est de s’appuyer sur ces constats pour construire avec les travailleur·ses des revendications salariales qui reconnaissent les qualifications, les savoir-faire et l’expérience acquise tout au long de la carrière.
C’est dans cette démarche que s’inscrivent les revendications de la CGT, qui exige une augmentation immédiate du Smic de 10 %, pour le porter à 2 053,72 euros brut dans un premier temps, puis à 2 200 euros, ainsi que le retour de l’indexation des salaires sur les prix.
Les négociations annuelles obligatoires (NAO) sont notamment l’occasion de porter ces exigences auprès des employeurs. Pour aider les syndicats à préparer ces négociations, construire les revendications avec les travailleur·ses et créer les conditions de la mobilisation, la CGT a publié un guide pratique, « Salaires, négocier pour gagner dans l’entreprise ».
Mais augmenter le Smic ne suffit pas si le reste des salaires ne suit pas
La CGT revendique également le retour de l’indexation des salaires sur les prix et la revalorisation du point d’indice servant au calcul des rémunérations dans les grilles salariales. Ces mesures permettraient de préserver le pouvoir d’achat tout en maintenant les écarts de rémunération liés aux qualifications et aux responsabilités.
Elles sont essentielles pour éviter que les ouvrier·es et employé·es qualifié·es, les professions intermédiaires et les cadres ne voient leurs salaires se rapprocher progressivement du Smic et leur niveau de vie se dégrader.
C’est bien l’ensemble des grilles salariales qu’il faut revaloriser, pour garantir de véritables déroulements de carrière et reconnaître les qualifications, les savoir-faire et l’expérience à leur juste valeur.
Pour en savoir plus et retrouver les branches concernées, consultez le dossier de presse de la CGT « Négociations salariales dans les branches professionnelles »