Pour maintenir le train de vie des multinationales et des ultra-riches, les gouvernements successifs ont choisi de sacrifier la jeunesse. Les lycéen·nes et étudiant·es poursuivent leur mobilisation pour défendre leurs droit et leur avenir, mais elles et ils ne sont pas les seul·es victimes – ni les seul·es à mener le combat.
Le collectif « Pas de bébés à la consigne » a appelé à une large mobilisation des personnels de la petite enfance dans toute la France ce jeudi 8 octobre, avec l’appui de plusieurs préavis y compris ceux de la CGT, pour dénoncer la dégradation constante de l’accueil et de leur travail et porter leurs revendications.
Des conditions toujours plus dégradées
La qualité de l’accueil de la petite enfance est mise en péril et le secteur est à bout. En 2022, près de 50 % des crèches déclaraient un manque de personnel, avec des disparité d’un rapport de 1 à 9 selon les territoires. Au minimum, il y aurait 8,5 % d’effectifs manquants dans ces structures.
La situation n’est pas meilleure dans le secteur de l’accueil individuel. Le nombre d’assistant·es maternel·les a diminué de près d’un quart depuis 2014, et le vieillissement rapide de la population dans cette profession va accentuer cette baisse dans les prochaines année.
Conséquence : les conditions de travail des personnels se dégradent, et les conditions d’accueil des enfants se détériorent.
Profession très fortement féminisée, le secteur de la petite enfance est particulièrement concerné par les bas salaires. La puissance publique se désengage de plus en plus au profit du secteur marchand dans l’accueil collectif, qui privilégie la rémunération des actionnaires au détriment des personnels et des usager·es. Les assistant·es maternel·les de l’accueil individuel doivent quant à elles et eux accueillir un nombre important d’enfants et faire près de 42 heures par semaine en moyenne pour percevoir une rémunération proche du Smic.
La puissance publique doit investir dans la petite enfance
Les personnels de la petite enfance se mobilisent pour un accueil de qualité pour nos bébés, et des conditions dignes pour celles et ceux qui en prennent soin.
En plus de revendications locales portées dans chaque structure d’accueil, le collectif Pas de bébés à la consigne exige :
- de meilleurs taux d’encadrement. D’ici 2030, au minimum un·e adulte pour quatre bébés et un·e pour cinq enfants ;
- des professionnel·les mieux formé·es. Une formation initiale renforcée et un accès réel à la formation continue ;
- des conditions de travail dignes. Des équipes complètes, des salaires à la hauteur, des pauses effectives et la reconnaissance de la pénibilité ;
- la reconnaissance de l’accueil individuel. Une meilleure formation, des financements pérennes et des rémunérations dignes pour les assistant·es maternel·les ;
- un accueil accessible à toutes les familles. Un reste à charge proportionnel aux ressources et la gratuité pour les familles vivant sous le seuil de pauvreté.
Les jeunesse est notre avenir. L’État doit prendre ses responsabilités et investir en elle, de la nurserie à l’amphi !