« Résister partout, tout le temps »
C’est ainsi que Sophie Binet résume l’état d’esprit d’Henri Krasucki. Mais son témoignage ne raconte pas seulement le courage exceptionnel d’un homme. Il montre ce que peut produire l’action collective.
« Pour comprendre ce témoignage, il faut se dire que c’est la rencontre entre une force de caractère exceptionnelle, un courage exceptionnel, mais aussi un mouvement, une organisation collective », souligne la secrétaire générale de la CGT.
Une organisation faite de gestes modestes « qui, mis bout à bout, changent la donne et permettent de sauver des vies ». Avec une préoccupation constante : « rassembler large, quelles que soient les convictions ».
Rassembler face à l’extrême droite
« Henri, c’est la génération de 1936 qui, alors qu’il y avait des fossés profonds dans le syndicalisme, dans la gauche, rassemble face au fascisme », rappelle Sophie Binet.
Malgré les divergences, ce rassemblement permettra aussi de gagner certaines des plus grandes conquêtes sociales du XXᵉ siècle.
L’histoire résonne avec la période actuelle. La secrétaire Générale de la CGT a rappelé le rôle de la Main-d’œuvre immigrée (MOI), créée pour organiser les travailleurs étrangers, lutter contre la xénophobie et empêcher leur mise en opposition avec les travailleurs français. ( Lire l’hommage de Sophie Binet à Manouchian le 21 fev. 2024)
Un combat qui reste d’actualité
« La stratégie de l’extrême droite, c’est de faire diversion des questions sociales en mettant en avant les mises en opposition identitaires », alerte Sophie Binet.
À travers le parcours d’Henri Krasucki se dessine ainsi un fil qui relie hier à aujourd’hui : ne pas laisser diviser le monde du travail, s’organiser et rassembler pour gagner de nouveaux droits.
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